{"id":153,"date":"2020-11-06T09:48:25","date_gmt":"2020-11-06T08:48:25","guid":{"rendered":"http:\/\/ral3020.fr\/?p=153"},"modified":"2020-11-06T09:48:25","modified_gmt":"2020-11-06T08:48:25","slug":"bleu-ciel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ral3020.fr\/index.php\/2020\/11\/06\/bleu-ciel\/","title":{"rendered":"Bleu ciel"},"content":{"rendered":"\n<p><em>&#8220;The power of love. Le concept de la chanson t\u00eate-rebord-fen\u00eatre, dans les moments de solitude o\u00f9 effectivement, on est irr\u00e9sistiblement attir\u00e9 par le rebord de sa fen\u00eatre, on penche la t\u00eate on regarde dans le vague, on pense au pass\u00e9, \u00e7a ne marche qu&#8217;avec un seul type de chanson, de C\u00e9line Dion, et \u00e7a vaut tous les psy&#8221;<\/em> <a href=\"https:\/\/www.franceinter.fr\/emissions\/boomerang\/boomerang-26-octobre-2020\">Boomerang d&#8217;Augustin Trapenard, avec Val\u00e9rie Lemercier<\/a>. <\/p>\n\n\n\n<p>Moi c&#8217;est &#8220;Sur le m\u00eame bateau&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<p>Accoud\u00e9 \u00e0 la balustrade comme sur la passerelle \u00e0 l&#8217;embarquement, le pied pos\u00e9 sur la chambranle. La t\u00eate, sur la bordure de l&#8217;autre fen\u00eatre rest\u00e9e ferm\u00e9e. Les yeux, dans le ciel. Immacul\u00e9. Pur. Vide. Net. Bleu.<\/p>\n\n\n\n<p>Les yeux dans le vague. Une douce euphorie me fait l\u00e9g\u00e8rement tanguer. L&#8217;envie d&#8217;\u00eatre heureux me tenaille, devant ce ciel vierge, sous la morsure du froid de novembre. L&#8217;instant l&#8217;est, heureux. Le fond n&#8217;y parvient pas totalement : c&#8217;est le bonheur d&#8217;\u00eatre triste. Le confinement, le second, d\u00e9j\u00e0, s&#8217;installe. Avec lui la rupture d&#8217;avec les amis, les proches, d&#8217;avec l&#8217;affolement du quotidien, les sorties, le cin\u00e9ma que j&#8217;avais retrouv\u00e9, les th\u00e9\u00e2tres que je n&#8217;aurai pas eu le temps de refr\u00e9quenter, la salle de sport d\u00e9j\u00e0 referm\u00e9e, l&#8217;escalade jamais vraiment r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e, les sorties motos qui se multipliaient, d\u00e9j\u00e0 tu\u00e9es. Un ciel bleu, intens\u00e9ment, parfait, sans une brume et sans un nuage et qui commence \u00e0 foncer. Un ciel oc\u00e9anique apr\u00e8s une journ\u00e9e de temp\u00eate, lav\u00e9 de tout. Vierge, mais surtout vide. Un soleil, oui, mais le froid mordant de la r\u00e9alit\u00e9 de novembre. La tempe sur ma fen\u00eatre, la main sur la balustrade de fonte noire, l&#8217;esprit divague et je sens s&#8217;\u00e9tablir la nonchalance de la m\u00e9lancolie. Malgr\u00e9 moi, je pense \u00e0 ma vie d&#8217;avant, celle que les imp\u00f4ts, abruptement, viennent de me rappeler en affichant le mot &#8220;divorc\u00e9&#8221; \u00e0 cot\u00e9 de &#8220;statut&#8221;. Est-ce bien utile de nous infliger ce rappel ? C\u00e9libataire aurait \u00e9t\u00e9 pareil. Juste, \u00e7a aurait rembobin\u00e9 ma vie un poil plus loin lorsque, plein d&#8217;espoir, de na\u00efvet\u00e9, je ne m&#8217;imaginais pas du tout en couple stable, lorsque je n&#8217;avais pas gout\u00e9 \u00e0 la redoutable satisfaction d&#8217;\u00eatre \u00e9tabli dans un moule social confortable, aujourd&#8217;hui encore embelli par l&#8217;\u00e9rosion du temps qui passe, qui poli les bons souvenirs et arrondi le tranchant des mauvais.<\/p>\n\n\n\n<p>Car quoi de plus malheureux qu&#8217;un mauvais souvenir, \u00e0 part un souvenir heureux dont on sait qu&#8217;il ne se reproduira plus ? C&#8217;est le point de d\u00e9part id\u00e9al pour se laisser glisser entre les draps du d\u00e9sespoir. La tristesse, la ranc\u0153ur, l&#8217;amertume sont des solutions si faciles que les retrouver est presque encourageant. C&#8217;est comme une d\u00e9mission, mais en plus passif. Il n&#8217;y a m\u00eame pas besoin de le d\u00e9cider, juste se laisser faire. Une gentille glissade sur une planche que l&#8217;on a savonn\u00e9 soi-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais je n&#8217;ai pas envie de cette glissade. Je n&#8217;en ai pas envie. Encore moins que de rester cloitr\u00e9 chez moi, ni d&#8217;\u00eatre irr\u00e9prochable. Pas plus que pr\u00e9tendre l&#8217;\u00eatre. La tempe sur la fen\u00eatre, les yeux mi-clos, je vois le ciel s&#8217;obscurcir doucement. C&#8217;est le soir. Des lumi\u00e8res, doucement, s&#8217;allument.<\/p>\n\n\n\n<p>De toute mani\u00e8re, je sais bien que je briserai ce confinement. Un peu, pas trop, juste assez pour me sentir l\u00e9g\u00e8rement coupable, mais pas irresponsable. Juste un peu, par envie d&#8217;\u00eatre heureux, pour boire, manger, fumer et rire. Pour ne surtout pas penser au lendemain, oublier ce qui est perdu, et me perdre dans les regards des amis, le sourire de l&#8217;un, l&#8217;ironie de l&#8217;autre, les regarder et les aimer car finalement, avec eux nous sommes sur le m\u00eame bateau.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>Un doigt de champagne, un toast au d\u00e9part<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Dans les soutes le bagne, et les heures de quart<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Des soir\u00e9es mondaines, des valses ou tango,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Au ombres \u00e0 la peine un mauvais tord boyau<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>En attendant l&#8217;escale, Ath\u00e8ne ou Macao,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Sous les m\u00eames \u00e9toiles, sur le m\u00eame bateau.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-9-16 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe title=\"Spotify Embed: Sur le m\u00eame bateau\" style=\"border-radius: 12px\" width=\"100%\" height=\"152\" frameborder=\"0\" allowfullscreen allow=\"autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed\/track\/1jxw4qXEMELeacYcwGfoUY?utm_source=oembed\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a vaut tous les psys.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8220;The power of love. 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